Variations de Style - Nathalie

Mis à jour : 26 août 2019

Mai 1642. Paul Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et une quarantaine de colons débarquent sur l’île de Montréal pour y fonder Ville-Marie. Ils érigent leur palissade sur l’actuelle pointe à Callière, là où la petite rivière Saint-Pierre se jette dans le Saint-Laurent. Difficile, près de quatre siècles plus tard, d’imaginer que de l’eau coulait à la place du bitume de la place d’Youville…

La rivière Saint-Pierre n’est pas la seule à avoir été rayée des cartes montréalaises. Qui se souvient des ruisseaux Prudhomme, Notre-Dame-des-Neiges ou Migeon, qui serpentaient autrefois dans la ville ? Ou même de la rivière Saint-Martin qui coulait le long de l’actuelle rue Saint-Antoine, dans le Vieux-Montréal ?

Pour retracer ces rivières perdues, la chercheuse, avec l’aide de son équipe, a consulté plus d’une centaine de cartes historiques originales. Au total, elle a repéré 330 km de ruisseaux « natifs » qui ont été enterrés ou intégrés au fil des ans au réseau d’égouts.



Il y a très longtemps, vivait un roi puissant qui envoya un équipage d’explorateurs trouver de nouvelles contrées afin de remplacer les provisions qui étaient maintenant insuffisantes pour ravitailler son peuple. Après un très long voyage l’équipe débarqua sur une île riche en gibier, en bois et surtout en eau.

N’ayant pas appris de leurs erreurs, les colons gaspillèrent ces nouvelles ressources et cachèrent même certaines rivières et ruisseaux sous des palissades et du béton.

Près de 400 ans plus tard, une valeureuse savante, accompagnée de ses fidèles compagnons, parti à la recherche de ces rivières et de ses ruisseaux cachés. Elle rêvait de pouvoir ramener à la surface de la Terre ces trésors enfouis sous la ville. Seul l’avenir nous dira si la courageuse chercheuse réussit.



Madame, Monsieur,

À la suite de notre fouille parmi les archives de la ville, mon équipe et moi-même avons découvert l'existence d’une quantité importante de rivières et de ruisseaux, enfouis sous le bitume et cachés dans le réseau d'aqueducs.

Je suis dans l’obligation de vous informer que l’enfouissement de ces richesses ont commencé dès l’arrivée des premiers colons et qu’après un examen attentif de la situation nous avons constaté que ceci compliquait grandement les recherches.

Dans l’éventualité que vous désirez tout de même votre projet, je vous offre humblement mes services en tant que chercheuse.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.



― À quelle date avez-vous observez les suspects?

― En mai 1642.

― Combien de personnes, à votre avis, étaient présentes?

― Une quarantaine.

― Qu’ont-ils fait pour éveiller vos soupçons?

― Ils ont montés de grandes palissades à la pointe ou coule la rivière Saint-Pierre.

― Et vous dîtes que des cours d’eau ont disparus?

― Oui, c’est ça. Plusieurs rivières et ruisseaux.

― Connaissez-vous le nom de ces cours d’eau?

― Quelques uns. Il y a la rivière Saint-Pierre, le ruisseau Prudhomme, le ruisseau Notre-Dame-des-Neiges et le ruisseau Migeon. J’allais oublier la rivière Saint-Martin.

― Je vous remercie de votre collaboration. Je vais remettre ces précieuses informations à ma meilleure chercheuse.

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