Sans le « a »

Le soleil me touche les doigts et mon corps frisonne. Je me sens bien même si le fond de ce trou est empli de noirceur. Je peux percevoir près de moi une odeur de terre et le frétillement de l’univers, les étoiles brillent en mon sein. Je m’inquiète un peu de ce pour quoi je suis ici, même si en vérité je ne m’en soucie guère. Tout ce qui m’intéresse réellement c’est cette couleur bleutée, où se mêle du doré, qui s’élève de mes doigts. Je trouve qu’elle est pleine de vie et qu’elle s’étend de plus en plus vers l’infini. Il en découle des rivières, des forêts, des bêtes immenses, féroces et douces en même temps. Cette volute outremer se nourrit de mon esprit pour créer un monde unique qui me rend muette. Puis-je m’exprimer ? Je le désire seulement, je ne veux rien détruire. Je suis éblouie de voir le noir se disperser. Mon esprit nécessite-t-il toutes ces couleurs ? Sûrement puisque je ne peux plus m’en détourner. Je perçois une douceur inespérée entourer mon cœur. Je me mets lentement sur mes pieds, désireuse de découvrir ce monde qui brille, ce monde que je viens de créer. Je veux tellement le toucher, le ressentir, que je pose un orteil sur le chemin nouvellement dessiné, trop excitée pour reculer.

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