Un promeneur, son chien, deux histoires

1er texte : Un promeneur, son chien, une histoire banale

‘’ Je sais comment lui plaire, alors il fait ce que je préfère. ‘’ Se lever tôt quand ça sent le pain chaud et le café fort au quai du vieux port. La patronne me dit ‘’Bonjour mon gros’, elle m’offre des gros croûtons de pain; Mummm! ‘’ Descendre quelques marches en arrière des écluses. L’eau y bouillonne, brassée, oxygénée, comme dans une lessiveuse, elle s’avance en mini marée sur la dernière marchette; À qui le premier d’y mouiller ses pieds? ‘’S’il faut sonner l’alerte, on peut compter sur moi. Ma voix joue volontiers de sa gamme pour chanter SES émotions. Comme un vieux couple fusionnel, je suis dans sa peau, il est dans la mienne, mes émotions sont les siennes.‘’ Nous sommes ensemble depuis toujours, je le protège. Il veille sur moi, et … Quand il me prend dans ses bras! La la la la la a … C’est plus souvent le soir, quand lui vient un coup de chagrin. Sous le ciel étoilé nous attend du réconfort. ‘’ Des vibrations s’emparent de ma gorge, des vagues immergent mon cerveau, Un grondement s’élève en volutes. La Lune me sourit et reste calme, ne voulant interrompre cet hommage à ses charmes. Le ton de baryton se pose sur des notes moins graves pour rejoindre doucement les notes plus aigues.

‘’ Alors, il me dit dans un trémolo: chante-moi encore un Blues, Fat Mama. Un Blues comme lorsque je t’ai recueilli’’. J’aimais qu’il m’appelle Mama, c’était affectueux.

‘’ Sa délicatesse s’émousse. Hélas, ma silhouette n’est plus aussi svelte, mais je lui reste fidèle’’. ll ose ajouter ‘’Va, Fat Mama, je suis trop bon!’’

‘’Et pourtant, il sait comment me plaire … ‘’

2ème texte : Le même promeneur, son chien, une histoire sérieuse

Depuis quelques jours, Trystan marche dans ce quartier de sa Ville d’adoption. Lentement, car il pense en marchant; Il ne se promène pas, il marche, il pense, il réfléchit. Il faudra qu’il explique la différence entre penser et réfléchir. Être précis, rigoureux, en toute chose, telle est sa devise. Tout doit se tenir Droit, comme une équerre. Ce fut le territoire sous sa responsabilité pendant un quart de siècle (24 années , 3 mois et un cumul de 27 jours travaillés en discontinu, et il faut beaucoup de rigueur pour calculer une retraite. Peu d’employés sont aussi méticuleux. A chacun son travail. Lui, en tant que Diplômé des Hautes-Études en architecture urbaine, Conservateur des quartiers construits après la révolution de 1789, Directeur-adjoint au ministère du patrimoine et des Beaux-Arts n’est-il pas Maître de la Rigueur Suprême? Son équipe lui a suffisamment fait sentir qu’aucune restauration n’était terminée tant les procédures d’Inspection, d’études des sols, de leur perméabilité, de leur assise structurale, Analyse des matériaux de remblaiement, tout cela était SANS FIN. Ne dit-on pas ‘’Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage’’, Cette maxime lui est bien rentrée dans la tête. il a beau expliqué son côté perfectionniste, voire pointilleux à son confident de toujours, Fat Mama, qui lui fait comprendre que Trop, c’est trop. Alors. Mama secoue vigoureusement sa tête en baillant. ‘’Franchement, Mama, sois gracieux devant moi, Bon chien, va’’.


FIN


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