Petits évènements

Il est presque cinq heures. J’entre dans un wagon de métro bondé. Une jeune maman, avec deux fillettes à l’aube de l’adolescence. Elle se lève, me cède son siège, s’assoit sur la banquette double, la plus grande des deux filles à la fenêtre. La plus jeune prend place sur ses genoux. Et là, très vite elle s’abandonne, sa tête se penche sur une épaule, sa main abandonnée comme une chatte sur l’autre. Et la blondeur floue de la chevelure. Les yeux de la mère… J’aurais aimé avoir le talent d’un Vélasquez, d’un Fragonard pour en saisir le charme, la douceur de ce portrait…


J’entends le grondement du tonnerre. Il est cinq heures moins vingt. Nicole m’attend à cinq. Les premières gouttes de pluie frappent le feuillage. Je décide d’y aller avant l’averse. Je prends le sac, les cornichons, la laitue, j’ouvre la porte ramasse le parapluie, presse le bouton, il éclot, je marche, sous une petite pluie, qui soudain forcit alors que j’arrive à la petite cour… et elle est déjà fermée ! Me voilà obligé de faire le tour. La ruelle le long des blocs, le vent en bourrasques chasse la pluie, qui déjà forme ruisseaux et torrents au long des trottoirs. Le bas de ma robe est trempe !

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