Métaphores de Jo du Lac: le chant du lac





La pénombre s’installe à peine que déjà, les pleurs me tourmentent.

Des sons venus d’outre-tombe qui au loin se lamentent.


Un ciel aveugle enveloppe le paysage tout autour.

Les nuages s’effilochent en lambeaux de velours.


À l’horizon un imposant voile noir se déchire.

Un croissant de lune inonde la surface cristalline de saphir.


Un spasme de douleur écorche le ventre gonflé du lac.

Sa douce nappe craque.


Ses vagues sont des bulles de chagrin qui s’entrechoquent avec fracas. Ses pleurs se condensent en un palais de glace et de frimas.


J’entends son cœur éploré, son lancinant requiem.

Les grondements de la bête meurtrie, mais encore indemne.


Les roulements caverneux de ses tourbillons sous couverture de froidure.

Les derniers soubresauts d’indignation s’ouvrent en longues fissures.


C’est ainsi que les eaux du lac font leur adieu en une nuit de cauchemar.

Bourdonnante d’agitation sur fond de tintamarre.


Les sons s’essoufflent, le tango s’épuise.


Puis, à l'aube naissante d’un brouillard laiteux, l’aurore éclata.

Projetant le tableau en écran de cinéma.


Tout à coup, des poussières de dentelle se dégorgent de la voute plombée.

Un souffle léger soulève le manteau de peluche blanc-argenté.


Des flèches de lumière s’allument timidement.

Sur une longue vague de frémissement.


Chaque saison déploie sa mise en scène.

Pour vibrer de nouveau à son chant de sirène.


Il faudra attendre le printemps.

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