Logorallye

Premier jour de l’année. L’air frais semble en suspend. Le silence règne tout autour. Le ciel est aussi blanc que la neige fraîchement tombée sur le lac. Seuls quelques patineurs s’adonnent à de jolies arabesques et pirouettes élégantes. Peu de gens s’aventurent sur le lac avant d’être certains de la solidité de ses glaces.


Je dis les glaces, parce que le lac ne gèle jamais tout d’un coup, comme certains pourraient penser; mais bien par couches au gré de la froidure des nuits. Ces nuits d’hiver, alors que la voute céleste et profonde étincelle de milliers d’étoiles. Un ciel de carte postale ! On peut facilement rêver et imaginer le chariot du Père Noël traversant la Voie lactée. On veut croire aux rennes s’élançant dans la soirée de Noël, annoncé par les trompettes d’anges sortis d’un mythique paradis.


La constellation de la Vierge a depuis longtemps fait place à celle du Sagittaire. Les nuits où Cassiopée brille de tout son éclat, le hibou nous instruit des temps à venir. Maintenant, le froid mordant de janvier descend de la montagne et enveloppe le lac de frissons bruyants


, qui s’entendent aux heures nocturnes jusqu’à celles du petit matin. Les eaux du lac offrent alors un concert de sons graves et vibrants, aux ondulations douloureuses et lancinantes.

Souvent, je reste éveillée, émerveillée et angoissée par le chant de détresse des flots engourdis sous la chape de froidure.


Puis, je m’endors m’abandonnant à l’espoir de voir revenir le printemps, alors qu’à nouveau le lac prendra vie en donnant cette fois un concert de sons cristallins et joyeux. L’attente de la première baignade émoustillant chaque jour, chaque nuit.


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