Le braillard inconnu

En octobre 1948 sous le tropique du Capricorne, il prit pied sur cette merveille qu’est Gaïa. Il remercia ses parents avec enthousiasme en braillant avec détermination dès le jour de sa naissance.


Au primaire la maîtresse déclara à sa mère qu’il n’avait pas sa place à l’école. Il termina ses études avec une maîtrise et une autre spécialisation universitaire suivi d’une carrière intéressante.

Son professeur d’anglais au secondaire avait dit lors du premier cour d’anglais que « la culture est ce qui reste quand on a tout oublié ». Au premier examen, il rendit une page blanche avec une seule phrase : « J’ai tout oublié ! » La note : 5/100. Le professeur ne l’a pas pogné .


Il rencontra par hasard un agent de recrutement d’immigration québécois. Il annonça à ses parents le lendemain qu’il immigrerait au Québec.


Sa première demande d’immigration au Canada ayant été rejetée, commença alors une errance migratoire dans trois pays.


Il assista à une conférence sur le Canada. La chanson de Gilles Vigneault « mon pays c’est l’hiver » la clôtura. L’innocent n’a pas compris le message subliminal du conférencier.


En 1982, la troisième demande d’immigration au Canada fut la bonne. Sa famille et lui profitèrent des joies des sports hivernaux pendant de longues années.


Son intérêt pour les civilisations l’a amené à visiter une trentaine de pays sur 5 continents. Lors de ces voyages, il eut d’étonnantes révélations sur les eus et coutumes des autres peuples.


Les sépultures de ses ancêtres étant réparties sur plusieurs continents, ils ont sombré dans un anonymat intégral. Ce constat l’a convaincu de passer outre-tombe dans la plus grande discrétion. Il n’y eut ni service funèbre, ni réunion familiale, ni service religieux. Personne ne sait où sont ses cendres. Une statistique a rejoint l’univers des inconnus.


Rabenje Margouillat

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