La douce sentence

Cheveux de jais bouclés, visage creusé et fin, peau blanche et barbe de plusieurs jours, l’inconnu marcha d’un pas sûr. Cet être, dans son costume noir trois-pièces, montrait une accoutumance aux ordres par ce maintien, cette droiture que nulle n’aurait pu imiter. Même le chef de meute gardait ses yeux à hauteur de ses épaules. Tous les autres observaient le sol et se plaçait de façon à ne surtout pas l’entraver. L’étranger posa sur lui un regard gris glacé qui dévoilait une connaissance et une puissance qu’Haru ne pouvait pas imaginer.

— Ainsi c’est toi, le renégat !

Lorsqu’il parla, sa voix était chaude si loin de ce qu’il avait attendu. Elle ne lui transmit étonnamment pas de haine, mais à la place, il se sentit enveloppé par une douceur perturbante. Les sentinelles qui accompagnaient cet homme portaient son long manteau ornementé de légères broderies à peine plus clair que le tissu. Ils lui tendirent en se courbant une boîte obscure parcourue de fins sillons chinois, japonais ou d’une autre langue, Haru n’aurait su faire la différence. Alors l’étranger l’ouvrit, de gestes précis, mesurés, puis découvrit une épée dont la garde argentée avait été décorée de subtiles gravures. La lame, allongée, mince, possédait aussi de délicates inscriptions et lui donnait une apparence mortellement belle. L’homme la tenait comme le prolongement de lui-même, révélant ainsi l’entière maîtrise qu’il avait de l’art du maniement des armes.

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