Journal - mireille - jour 2

Mis à jour : mars 27

jour 2, 25 mars 2020 Je suis au lit depuis environ une heure trente. Il doit être deux heures du matin.

Tout à l'heure, je croyais que ça y était, que je sombrerais dans le sommeil. Mais non.

Ce plongeon, si délicieux lorsque j'en suis consciente un moment avant que mon esprit ne s'éteigne, a été suivi par une remontée soudaine à la surface. Il suffit parfois qu'une partie de moi se dise ''Hourrah!, Enfin j'espère que cette fois-ci ça y est, je me sens tomber, je glisse dans le sommeil!''...Pour que je ré-émerge à la surface, consciente, l'esprit en éveil, le cœur battant. Le même processus peut se répéter deux ou trois fois. Entre-temps, toutes sortes de sensations, picotements, chatouillements, affleurent à la peau de mon visage, de mon cuir chevelu, de mon mon nez ou de mes yeux. Ou alors, je dois ajuster le masque de mon respirateur, soudainement trop serré ou trop lâche. Je soupire. Jour 1, 24 mars 2020 La neige tombée hier a déjà presque entièrement fondu. L'air est doux, même pour la frileuse que je suis. Beaucoup de gens marchent en famille; ici, parents et adolescents progressent les uns derrière les autres sur le trottoir; la conversation est quand même possible, je les entend s'interpeller. Leurs deux chiens, un grand et un petit caniche, les accompagnent. Cette rue, d'ordinaire assez tranquille, l'est encore plus en cette époque à nulle autre pareille. Des parents avec enfants en voiturette, ou en trottinette s'ils sont plus vieux, s'approprient la rue pour un moment. Comme les joggeurs. Le soleil est sur son couchant; quelques nuages, certains bleu-gris, d'autres, roses, s'étirent à l'horizontale au bas du ciel dont le bleu pâle, à cette hauteur, vire au rosé. J'entends quelques cris de goélands et, deux fois durant cette promenade, je verrai et entendrai les bernaches, formation en ''V'', carcadant à qui mieux mieux. Mine de rien, le printemps semble vouloir s'imposer.

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