Journal de Jo du lac









5 septembre. Samedi. Ça m’dit de rester au lit dans la douceur de mes draps. Puis, ça m’dit de courir en bas, dans mon pyjama, de sortir sur la galerie et de danser sous la pluie. Ça m’dit de faire des crêpes ou peut-être du pain doré. Avec du sirop d’érable. Ça m’dit de me faire plaisir. Ça m’dit d’écrire des histoires drôles. Ça m'dit de rire. C’est samedi !


Ah! les beaux dimanches… C’était la voix d’Henri Bergeron. Les téléthéâtres de Marcel Dubé. Des concerts de musique classique ou de fabuleux spectacles de ballets. Danser ! Comme j’aimais danser. Le ballet classique, le jazz, le moderne. Je les ai tous pratiqués. Aujourd’hui, je danse avec mon balai de paille sur les sentiers de pierres de mon jardin, entouré de graminées et des dernières échinacées. C’est la fin des beaux dimanches, c’est la fin de l’été.


Lundi 7 septembre, 17h30 , le vent se lève et disperse la moiteur de l’après-midi. De lourds nuages bleu-gris se bousculent dans le ciel. À l’ouest, un rayon de soleil se pointe et fait éclater les confettis aux couleurs automnales qui parsèment la montagne d’en face. Les jaunes ocre, les orangés et les rouges sont déjà bien présents. L’automne s’approche avec ses champs remplis de richesse. Je ferme les yeux et tout à coup je frissonne: j’ai froid. Bientôt, l’hiver sera là…


Mardi, j’ai rendez-vous avec Marie. Notre dernière rencontre date de février, alors que le club des « six sixties » s’était réuni. Joyeuses et sans souci. C’était avant le confinement. Début août, libéré, on avait planifié un pique-nique: ce jour-là, la température ne nous a pas souri… Aujourd’hui, il n’y aura que Marie et moi… Elle arrive resplendissante et élégante. Son regard me rassure. Elle va bien. Elle s’assoit et la conversation s’installe facilement, comme si tous les mois passés étaient gommés. On rit, on sourit, on jacasse…sans masques !


Mercredi 9 septembre. La pluie tombe goutte à goutte. La pluie tombe abondamment. Ce matin, le bruit de l’eau qui frappe avec force le toit me réveille avant même le lever du jour. Avant même les premiers piaillements des oiseaux moqueurs. Seul le huard s’époumone. Il appelle tous ses chums à faire la fête. Alors, ils se rassemblent. Leurs ailes, tambour battant sur la surface de l’eau, ils courent avec frénésie sur le lac en émettant des sons percutants et stridents. Puis quelque part, un chien jappe !


Déjà jeudi s’achève…presque minuit. J’avais pourtant fait une liste. Toutes ces choses à accomplir… Tout ce que je me promets de faire: de l’exercice, de la relaxation, de la méditation. Faire du rangement dans ma paperasse. Trier dans mes vêtements ceux que je veux donner au suivant. Ranger le garde-manger, y faire de la place pour les conserves que je ferai enfin cet automne. Téléphoner à ma soeur. Trop tard, je remets ça à demain!


Vendredi 11 septembre. C’était en 2001, bien sûr tout le monde s’en souvient. Les images me font encore frémir. Mais qui se rappelle qu’en 1993, un 11 septembre aussi, un attentat fût déjoué alors qu’un groupe terrorise avait prévu faire tomber la tour Nord du Wolrd Trade Center sur la tour Sud à l’aide d’une voiture piégée? Et qu’en est-il du 11 septembre 1973, jour où le Chili connut un point tournant de son histoire, avec la destitution et l’arrestation de Salvador Allende? Ah! qu’il s’en est passé des drames un 11 septembre… Mais pour moi, depuis 2012, le 11 septembre est devenu… jour de bonheur, de joie et d’espoir. Un petit garçon merveilleux est entré dans ma vie. Il a 8 ans aujourd’hui. Il est vif, intelligent et allumé. Il jette sur le monde un regard avisé. Il resplendit d’enthousiasme et d’optimiste. Évidemment, il est bien jeune, mais je sens qu’il possède une force et une détermination qui ne lui feront pas défaut pour la suite.

C’est sur cette note que je te laisse, cher journal. Je m’en vais à la fête d’Alexandre.

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