top of page

Histoire sensorielle automnale de CB

Cacophonie dans ma tête lors d'une nuit d’insomnie. Rien de telle qu’une promenade pour m’accorder une pause, mettre mes pensées en sourdine.


La rue le long du parc est calme à 4h du matin. La lumière crue des lampadaires fait danser les zones d’ombre qu’on pourrait croire soumises au rythme du léger grésillement des transformateurs. Les feulements de deux chats en bataille déchirent soudain la tranquille quiétude des lieux, provoquant la fuite vive mais feutrée de bestioles indistinctes. Un écureuil, réveillé par cet éclat, dérange les brindilles d’un arbuste dont les feuilles se froissent en bruissant. Il devrait se méfier : un hibou a hululé il n’y a pas longtemps dans la touffeur du bosquet. Cette discordance n’a duré qu’un instant, les deux belligérants en fugue s’éclipsant chacun de leur bord après l’échauffourée.  Passé un moment de flottement, l’harmonie se réinstalle tranquillement.


Je joue avec le craquement délicat des feuilles sèches regroupées au bas du trottoir et m'aventure ensuite de l’autre côté, là où la terre souple et l’herbe encore moelleuse assourdissent le bruit de mes pas. Le vent se veut discret, mais il porte et diffuse une petite fraîcheur qui se trouve une niche dans chaque pore de peau laissé à découvert, occasionnant un subtil frissonnement plutôt agréable. L’atmosphère toute entière vibre de ce je-ne-sais-quoi qui la rend électrique et apaisante à la fois, comme un grand chant choral porteur d’un amour infini. Je laisse le parc m’attirer sur ses sentiers.


L’automne et la rosée y égrènent un chapelet de notes odorantes variées. Chaque parfum fait vibrer en moi une corde sensible, rappelant l’écho de souvenirs diffus. Je pourrais aussi bien suivre la voie d'un rêve, dans un royaume enchanté. Tout comme te tempo de ma marche, ma respiration suit un decrescendo, s’accordant à la douceur de l'air et au souffle de la nuit. Tout est apaisé.

Ressourcée par cette petite musique de nuit, je n'ai plus besoin de trouver le sommeil.

8 vues2 commentaires

Posts récents

Voir tout

Comment s’appeler Brigitte Gervais sans trop sourciller

Sortie des entrailles d’une mère excentrique à la fin des années 1970 le long du fleuve Saint-Laurent en territoire hautement patriotique, Brigitte Gervais s’identifie à l’iconique combattante Madelei

En pause

Salut! Je suis en pause pour le moment. Mes deux livres exliquaient le logiciel Page Maker, logiciel en édition électronique et ils ne sont plus disponibles. Cela dit, j'ai surtout écrit en éducation

la photo

Un petit farfadet tout de vert habillé regarde mais quoi? vers quoi? Cette fillette de trois ans porte une très longue queue. Elle pose un regard fixe sur l'environnement. Rien ne l'étonne, tout la fi

2 Comments


nathonwheels
nathonwheels
Oct 30, 2019

Je suis, moi aussi, sensible aux sons de la naure. Merci pour cette belle promenade!

Like

Marie-Eve Cormier
Marie-Eve Cormier
Oct 25, 2019

Oh que cette promenade nocturne est habitée d'un concert de sensations nettes que tu fais transpirer avec beaucoup d'adresse ! C'est dense de petits interstices sonores et visuels qui s'égrainent dans la ville désertée, quand tout apparaît si clairement à nos sens. Bravo Corinne, j'y étais aussi dans ce parc :-)

Like
  • Facebook
  • Twitter
  • Pinterest
PALMARÈS DES MEILLEURES VENTES AU QUÉBEC
Jean-Philippe Pleau

JEAN-PHILIPPE PLEAU Rue Duplessis: ma petite noirceur

Joël Dicker

JOËL DICKER Un animal sauvage

Éric-Emmanuel Schmitt

ÉRIC-EMMANUEL SCHMITT La traversée des temps T.4: la lumière du bonheur

Sophie Grégoire Trudeau

SOPHIE GRÉGOIRE TRUDEAU Entre nous: mieux se connaître, mieux s'aimer

Patrick Sénécal

PATRICK SÉNÉCAL Civilisés

Cédric Sapin-Defour

CÉDRIC SAPIN-DEFOUR Son odeur après la pluie

Emmanuelle Pierrot

EMMANUELLE PIERROT La version qui n'intéresse personne

Thomas Schlesser

THOMAS SCHLESSER Les yeux de Mona

Guillaume Musso

GUILLAUME MUSSO Quelqu'un d'autre

Ana Huang

ANA HUANG Twisted T.4: Twisted lies

bottom of page