Ce soir on danse à Naziland

Samedi, le 15 décembre

Cloîtrer volontairement dans ma chambre, j’essaie tant bien que mal de me reposer pendant que mon neveu et ma nièce rentre et sorte. Bien qu’ils aient leurs propres chambres pleines de jouets, j’ai l’impression que toute la maison est un terrain de jeu. Emmitouflé dans mes draps douillets, je me refuse à sortir dehors. Jeune "Millennials" que je suis, je passe la journée à écouter des émissions sur mon téléphone intelligent. Par contre, leurs cris de joie camouflent le son de mon émission.


Dimanche le 16 décembre

C’est dimanche, je me dois de respecter mon rituel de citoyenne en sortant les poubelles et de travailleur en allant acheter ma passe de semaine. Je fais la lessive et me prépare tranquillement à quitter la fin de semaine pour recommencer une semaine de travail. Pendant la journée, je suis encore très (trop) attaché à mon téléphone. J’écris à mon homologue indonésienne à qui je n’ai pas parlé depuis cinq ans. Soudainement, je revois les palmiers, je sens la chaleur et j’entends l’Ezan (l’appel à la prière). Je suis de retour là-bas.


Lundi, le 17 décembre

Je me réveille à l’aube. Le contraste me frappe toujours bien que je habitué. Tout est noir et tranquille. Tout le monde dort. Les jouets de mon neveu et ma nièce sont parterres inanimés. Je prends 2 bus et un métro pour me rendre au travail. Je suis sur mon téléphone. J’alterne entre les émissions enregistrées et mon Spotify. Parfois, pendant le trajet, mon fidèle compagnon de voyage prend le relais pendant que j’essaie d’attraper quelques minutes de sommeil. Je pense qu'en Indonésie, il doit chaud et c’est la soirée qui commence. Pendant qu’ici à Montréal, je laisse derrière, c’est le matin.


Mardi, le 18 décembre

Je me réveille encore très tôt. Ivre du lendemain entre le vin rouge et la petite fête improvisé pour mon neveu et ma nièce. Hier, soir nous avons dansé. Aujourd’hui, je n’ai plus d’énergie. Je procrastine. Je ne veux pas que la journée commence. Je repousse mon heure de réveille. Je m’attache au lendemain, car ce matin, je suis dans tous mes états. Il fait plus froid qu’hier. Ça doit être la raison. Je change de manteau pour quelque chose de plus chaud, mais moins esthétique. Je n’ai pas de lunch. Je m’en commanderai un si mon cœur et mon portefeuille me le permet. Je me décide enfin à sortir. Je vais au PFK et on me regarde mal pour mon choix. Tant pis. Ce n’est pas la première fois.


Mercredi, le 19 décembre

Aujourd’hui c’était le party de noël au travail. Pour l’occasion, on nous a servi un buffet froid. J’ai pris trois assiettes. Trois de trop. Entouré d’inconnu, je me suis vite senti cerné. Je ne suis pas resté dans la cuisine pour manger avec les autres. J’ai rendez-vous chez le médecin pour un suivi. Question de voir si je finis l’année 2018 en beauté et en santé ou pas.


Jeudi, le 20 décembre

C’est la fête de ma sœur. On est tellement proche que je ne l’ai pas appelé, je l’ai texté. Elle s’organise un petit party avec ses amies. Ma mère et moi ne sommes pas invités à la fête. Surprise! En allant au travail ce matin, j’ai commencé à écouter l’émission Sons of Anarchy. Ma sœur a un bas de pyjamas avec le logo de la série. Coïncidence? J’ai commencé à prendre les stimulants qui m’ont été prescrit hier par mon médecin pour contrer ma fatigue excessive.


Vendredi, le 21 décembre

Aujourd’hui notre département, composée de 4 personnes, organise un Potluck. Nous allons faire un tour du monde à bord de notre assiette. Nous visiterons la Hongrie, Île Maurice, Djibouti et Haïti. Personnellement, je me prépare pour une autre grosse fin de semaine composé entièrement et exclusivement de sieste et de séries télévisées. Je conclue, donc, cette semaine rempli d’émotion, de nostalgie, d’amertume et de vin rouge.

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