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Catherine Greffard, de Catherinette à Catherine



Catherinette à pois a décidé de dire bonjour à la vie en 1967, le lendemain de Noël. Elle aurait pu s’appeler Noëlla mais sa mère a eu la bonne idée de s’abstenir. Merci, Maman! Elle est née d’une mère célibataire à une époque où c’était un tant soit peu mal vu. Un jour du haut de ses sept ans, elle a répondu à un coup de sonnette. Elle a trouvé sur le pallier un homme encadré par deux valises. Son père. L’homme avait quitté femme et enfants. Il venait chercher refuge chez sa maitresse, c’est-à-dire la fille-femme-mère qui avait toujours dit à sa poulette qu’elle n’avait pas de père. Cet homme est apparu dans sa vie comme les surprises qu’elle trouvait dans les boites de Cracker Jack apportées par son grand-père. La poulette a pleuré des larmes de crocodile parce que père et mère ne voyaient qu’eux. À ses pieds se sont formés de petits monticules. Avec les années, elle s’est retrouvée transformée en statue de sel, immobilisée à table face à ce couple qui ne la voyait plus. Par une journée de canicule sa chienne, bien nommée Amie, s’est mise à lécher cet amas de sel qui s’était formé à la place qu’occupait auparavant sa gentille maitresse. Laissée à la maison sans eau, elle avait trouvé refuge sous la table, son endroit de prédilection. Autrefois, quand sa petite maitresse était encore là, il tombait souvent de la nourriture juste au bout de son museau. Puis, sans crier gare, la nourriture avait cessé d’apparaître. Tous les jours, elle reprenait son poste pleine d’espoir. Cette journée de juillet, elle avait léché, léché et redonné vie à la petite fille. La poulette était morte mais Catherine était née.

46 vues3 commentaires

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3 comentários


soufia bensaid
soufia bensaid
27 de out. de 2020

oh quel plaisir de lire ce texte! merci

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Très beau texte !

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Marie-Eve Cormier
Marie-Eve Cormier
05 de jun. de 2020

Belle contribution Catherine ! C'est doux et triste à la fois cette mue métaphorique. Bel imaginaire et belle maîtrise littéraire, merci beaucoup !

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